La Reine Aux Mains d'Argent
Exploration joyeuse et féministe des contes de fées
Public : À partir de 8 ans
La Reine aux Mains d’Argent est une pièce colorée et dynamique qui modernise les contes de fées. Elle traite de sujets importants, comme la représentation des femmes, leur place dans les récits et le pouvoir qu’elles ont, dans la joie et avec délicatesse. Le texte propose plusieurs niveaux de lecture le rendant accessible au jeune public, mais également drôle et pertinent pour les adultes qui les accompagnent.
Sur scène, trois comédiennes incarnent les conteuses et l’héroïne. Les conteuses s’adressent directement au public et racontent l’histoire de la Jeune fille sans mains. Elles s’échappent rapidement du rôle traditionnel de conteuses, pour incarner plusieurs personnages. Avec complicité, spontanéité et humour, elles commentent et ré-écrivent le conte pour le transformer en La Reine aux Mains d’Argent. Le public suit donc le voyage initiatique de l’héroïne, incarnée par la troisième comédienne : d’abord victime d’un père aveugle, elle voyage jusqu’au monde des esprit.es, rencontre Baba Yaga et devient une héroïne puissante qui soumet le Diable à sa volonté. Dans les scènes finales, elle s’émancipe de la fiction racontée et dépasse le cadre narratif pour devenir à son tour conteuse.
Distribution
Écriture et mise en scène
Inès Chassagneux
Assistanat à la mise en scène
Juliette Charré-Damez
Jeu
Jeanne Henry
Océane Lutzius
Alice Perrier
Lumière
Laetitia Bonnet
Regard dramaturgique
Coline Lafontaine
Mains d'argent
Matthieu Ruault
Partenaires
- Le Nid de Poule, Lyon (69)
- TNP, Villeurbanne (69)
- Ville de Lyon, 4ème arrondissement (69)
- DRAC Auvergne Rhône Alpes x UNAT (dans le cadre de l'été culturel)
- Asso Oval, Haute-Savoie (74)
- Labo71 - ENSATT, Lyon (69)
- Compagnie Hallet Eghayan aux Échappées Belles, Lyon (69)
- La Fédération, Lyon (69)
- Théâtre de l'Uchronie, Lyon (69)

Note d'intention
J’ai découvert le conte de La Jeune Fille Sans Mains en lisant l’essai Femme qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estès. Ce texte propose une analyse des contes de fées à la lueur de la "psyché féminine". La Jeune Fille Sans Mains est le conte qui conclut cet essai, un conte comme une poupée gigogne qui contiendrait dans son essence tous les symboles qui font que les contes parlent à notre inconscient. Grâce à son coté visuel, aux images fortes qui l’irriguent et sa forte portée symbolique, j’ai tout de suite imaginé ce conte dans l’espace scénique, mais je l’ai gardé longtemps au creux de mon cœur avant d’oser le porter sur scène.
J’ai grandi, pris de la distance et de la nuance avec les thèses de Pinkola Estès, mais ai gardé un attachement très fort pour ce conte étrange et puissant. Il m’a accompagnée à plusieurs moments charnière de ma vie. Je voulais partager la limpidité et la puissance que je voyais dans ce conte : il parle de libération, et ce qui m’avait touchée pourrait toucher d’autres personnes. En 2023, après une année éprouvante, je quitte un projet harassant pour fonder la compagnie Faste et Furieuse. Dans ma besace, une première ébauche de mise en scène du texte attend son heure. J’étais alors épuisée, blessée, et atteinte dans ma confiance en moi. Je voulais un « petit projet facile » pour lancer ma compagnie fraichement créée. Je me suis entourée des comédiennes de caractère les plus talentueuses que je connaisse et j’ai lancé le projet. Le problème des comédiennes au caractère bien trempé et au talent débordant, c’est qu’elles sont souvent brillantes. Elles ont tout de suite mis le doigt exactement là où je refusais de regarder par peur de ne pas être à la hauteur : le conte en l’état était trop obscur, trop mystérieux, presque mystique et son sens caché tellement bien camouflé qu’il n’était visible que de moi seule. Leurs questions et leur regard bienveillant m’ont permis de comprendre ce que j’aimais dans ce conte et m’ont donné l’autorisation d’utiliser cette matière comme ce qu’elle était : une matière à travailler. J’ai commencé par ré-écrire pour clarifier, puis j’ai ré-écrit pour jouer, pour remettre le sens à l’endroit de notre modernité et pour montrer à toutes ce que ce conte me murmurait à l’oreille depuis si longtemps.
Ainsi est née la Reine aux Mains d’Argent, une histoire touchante, drôle et puissante, qui parle de notre pouvoir d’action sur le monde à travers les mots.
Deux conteuses nous racontent l’histoire d’une jeune fille qui part à l’aventure après avoir été vendue au Diable par son père. La jeune fille est le seul personnage du conte interprété par une seule comédienne, qui restera la même tout au long du spectacle. Les autres personnages, eux, sont pris en charge par les conteuses. Cette idée est une trace de la lecture de Clarissa Pinkola Estès qui postule que les différents personnages des contes ne sont que des facettes de notre psyché (ex – le Diable symbolise notre part d’ombre). Or, n’est-ce pas là l’essence même du jeu au plateau que de puiser dans soi pour étirer, créer, découvrir et partager ? Les conteuses, donc, interprètent en s’amusant, mais toujours avec sérieux, les personnages. Elles sont aussi responsables de l’histoire et de son déroulé : elles nous la livrent et la modifient quand celle-ci ne leur convient pas. Elles nous apprennent que nous devenons responsables des histoires que nous recevons et « nous avons le droit et le devoir de les transformer comme les générations futures auront le droit et le devoir de transformer ce que nous leur transmettrons. »
De son côté, la jeune fille est au début aveugle à la présence des conteuses, bien que guidée par elles. Elle va devenir de plus en plus consciente de leur présence, jusqu’à les rejoindre. La jeune fille change et grandit au fur et à mesure du conte. Cette évolution est symbolisée, entre autres, par son costume. Couche après couche, il se transforme, comme elle se transforme. Notre héroïne change de nom, sa robe de couleur, de taille et de forme. Il n’y a pas de décor, et tous les accessoires et artifices sont cachés dans le costume de la jeune fille, pour symboliser le fait qu’elle a toujours eu en elle toutes les ressources pour grandir, quand bien même elle a eu besoin de l’aide des conteuses pour les découvrir.
Finalement le costume de la jeune fille se fait semblable à celui des conteuses : elle découvre qu’elle aussi peut raconter et transformer sa propre histoire. Après être devenue l’héroïne de sa propre histoire, elle en est la narratrice. Je livre au public quelques clefs pour prendre en charge toutes les histoires qu’il lui plaira de raconter. Comme le cri d’un enfant poussé à la naissance, la Reine aux Mains d’Argent pose la raison d’être de la compagnie Faste et Furieuse : porter les histoires que j’écrirai et raconterai sur scène.
Inès Chassagneux








